Interview par Sophie Martinez, juillet 2025
Rémy DE MORAS, l’homme Libre.
– Artiste multiple au parcours pouvant apparaître aussi déroutant que controversé, vous revendiquez le droit d’échapper à toute définition de style, de courant et de logique. Provoc ou simple singularité ?
– Les deux. Je me joue d’un certain dogmatisme et m’arroge la plus grande liberté artistique. Mes différentes expressions sont tout simplement conformes à l’architecture de mon cerveau.
– Musicien, peintre, photographe, plasticien et compositeur, qui est DE MORAS ?
– Je suis un « Zèbre » qui s’assume et s’amuse de sa multiplicité créative ! Si j’ai la capacité de maîtriser de nombreux styles, sanguine, eau forte, aquarelle, figuratif ou abstrait, je ne m’enferme dans aucune école. Je suis toujours en recherche de techniques innovantes et j’aime étudier l’art des autres pour mieux comprendre celles-ci. Particulièrement le travail de Caillebotte, Vernet, Picasso ou De Staël. J’expérimente et développe aussi mes propres techniques.
– Cette expérimentation se traduit-elle par un tournant décisif dans votre œuvre ?
– Absolument. Je me dirige aujourd’hui vers l’art contemporain, conceptuel, moléculaire. L’énigme de la transparence et de l’invisible me fascinent, les lignes perpendiculaires deviennent ma signature. Depuis plusieurs années je m’éloigne des superpositions de matières, des collages, de l’acrylique, des textures ainsi que de mes thématiques de prédilection comme le portrait, la mer, les bateaux, la musique.
– Votre tableau «Ère du Verso» préfigure-t-il cette nouvelle orientation ?
– Non seulement il l’incarne mais je le considère comme mon œuvre majeure. C’est un tableau que j’ai pensé pendant dix ans et qui a surgi enfin, comme une évidence, reflétant particulièrement ce que m’a enseigné mon mentor qui était professeur à l’école supérieure des Beaux-Arts à Liège, André Dubois, à savoir « forger son propre langage ». Le mien a toujours été éclectique et ce nouveau langage, abstrait, est l’aboutissement d’un long chemin d’introspection à travers l’art et de réflexion. Cette œuvre reflète également la symbolique d’une citation de St Exupéry qui prend tout son sens pour moi : « On ne voit bien qu’avec le cœur ». Dans ce tableau, seul l’essentiel est dévoilé, le reste n’est que suggéré. Ce qui est assez déroutant dans cette œuvre, c’est qu’en réalité tout est visible, encore faut-il le regarder avec la lumière au bon endroit et sous le bon angle.
Sophie Martinez.



Laisser un commentaire